« Mais qui a dit que l’enfant est un pervers polymorphe ? » (Polymorph pervers) (Joël Bernat)

L’affirmation « l’enfant est pervers polymorphe », quand ce n’est pas « un pervers polymorphe » circule bien dans les écrits sous couvert de Freud. Or, ce n’est pas du tout ce qu’il écrit ! Voilà un phénomène de résistance dès lors intéressant.

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3 réponses à « Mais qui a dit que l’enfant est un pervers polymorphe ? » (Polymorph pervers) (Joël Bernat)

  1. Ben Ghanem Kaouthar dit :

    merci pour cet article qui prend de la distance par rapport de ce qui pouvait sembler évident !

  2. Hénot dit :

    Bonjour,

    Que l’on soit bêtement humain ou un humain bête, on reste humain?
    Donc que l’enfant soit polymorphément pervers ou pervers polymorphe, il reste pervers.
    La question la plus importante est celle de la généralisation de la perversité à tous les enfants.
    Vous dites que pervers s’entend comme tout ce qui n’est pas sexualité génitale.
    Je pensais que la perversité résidait dans le complexe d’Oedipe. Je pensais que ce qui était pervers était l’inceste et le parricide.
    Ce que j’essaye de comprendre, c’est l’intérêt sur le plan clinique de partir de ce postulat d’une humanité qui dès l’enfance se construit sur la perversité. Est-ce que l’on a exemple de cas cliniques documentés dans lesquels ces postulats sont mis à profit.
    Par ailleurs est-ce qu’il y a un moment dans un texte de Freud où l’on observe ce glissement de sens entre la « séduction » de 1895 qui est synonyme d’abus sexuel, de celle de 1905 qui aurait un sens différent ?

    Je serais vraiment très heureux d’avoir des réponses à mes questions, où de savoir où les trouver.
    Merci d’avance

    • Joel Bernat dit :

      Bonjour,
      Peut-être que je me suis mal expliqué, mais ce que dit Freud est ceci : ce n’est pas l’enfant qui est pervers, c’est la pulsion, ce qui change tout. A partir de là, il ne s’agit plus de « civiliser » un petit enfant pensé comme « sauvage » et pervers pour sauver son âme selon les principes éducatifs qui ont encore cours mais bien de l’aider et de l’équiper pour élaborer sa vie pulsionnelle et ne plus en être le pantin : c’est un projet idéal.
      Lisez alors, par exemple, « la morale sexuelle civilisée » de Freud, texte de 1908.
      Merci de votre commentaire

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